Reginald Esuka : « On ne doit pas sélectionner n’importe qui pour le Mont »

L’une des figures emblématiques de la course de l’Espoir, Reginal Esuka vainqueur en 1988,  exige une sélection plus rude pour  la beauté du spectacle.

31 ans que l’homme a traversé la ligne d’arrivée en premier, mais il a toujours les mêmes sensations d’un participant. Nous l’avons rencontré à Upper Farm, parmi les spectateurs qui scrutent l’entrée et la sortie des athlètes de la brousse au pied du mont. Même si ce n’était que la sélection des athlètes de la région du Sud-Ouest, la présence de Reginald Esuka qui avait Sarah Etonge à ses côtés prouve que la course de l’espoir est un rendez-vous annuel irremplaçable pour les populations de Buéa, et surtout pour les anciens champions de l’épreuve. « J’ai fait cette ascension du Mont Cameroun pendant 23 années successives. Je suis le vainqueur de l’édition de 1988.

Si je dois donner un conseil, je souhaiterais que pour cette course considérée comme la plus difficile au monde, nous devons avoir les personnes aptes à concourir. Que les choix soient stricts pour ne pas mélanger aventuriers et vrais athlètes ».

Le vainqueur historique de 1988 a remarqué les écarts trop grands entre les athlètes pendant leur passage à ce niveau lors de la montée ce matin du 19 janvier 2019, et imagine que les écarts seront encore plus grands à la sortie lors de la descente. Des aléas qui selon lui ne donnent pas une bonne image de la course qui a fait de lui un athlète connu dans le monde : « Je propose que pour chaque course, qu’on crée un fichier, une sorte de banque de données où ne vont figurer que les noms des 100 premiers. Si on le fait plusieurs années successives, on aura les noms des personnes qui peuvent donner une autre image à cette course. Parce qu’il y a certaines personnes qui prennent l’épreuve comme un jeu. Je n’ai pas l’intention d’exclure les touristes, mais ceux-ci devaient être différenciés des vrais concurrents de la course. Ils sont nombreux qui viennent pour les 10.000 fcfa des primes de participation. Cela ne donne pas une bonne image de cette course. C’est idiot, et même dangereux parce que des incapables viennent s’amuser ici ».

Pour le vétéran de 56 ans, l’ascension du Mont Cameroun est un événement tellement important dans le monde pour laisser les aventuriers  en balade le jour de la course. Réginal Esuka est en pleine forme dans sa retraite paisible de promoteur d’école à Buéa.

David Eyenguè

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