Une montagne nommée l’Argentine

Les Super Eagles du Nigéria n’ont pas pu obtenir le nul qui les qualifiaient pour le second tour, la faute à une Argentine bien accompagnée.

On aurait dit que le Saint Petersburg stadium était à un jet de pierres de Buenos Aires. Sur les 64468 spectateurs qui ont assisté à ce match, plus de 62000 étaient acquis à l’équipe de Lionel Messi. Le capitaine de l’Albiceleste était embarqué dans une situation compliquée, depuis son match nul face à l’Islande de la 1ère journée. Lui qui avait raté un penalty, et assisté inoffensif à la défaite (0-3) de son équipe,  face à la Croatie. Un nul simple suffirait à l’équipe du Nigéria pour passer au second tour.  Alors qu’une victoire n’assurait pas  forcément les choses pour le meilleur joueur du monde,  toujours attendu par les fans,  dans ce qu’il sait faire le mieux : bouger les filets adverses. Pour certains, l’autre match entre la Croatie et l’Islande était lié à celui-ci, mais, pour l’Argentine et Lionel Messi, il fallait d’abord gagner le Nigéria ici à Saint-Pétersbourg.

« La Coupe du Monde ne peut pas finir, si Lionel Messi n’a pas marqué », nous lançait un des inconditionnels  supporters de l’équipe d’Argentine avant le match. « Notre équipe se porte mal depuis le début, mais j’ai trouvé à prix d’or mon ticket pour ce troisième match, et j’ai sauté dans le premier avion. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix : l’Argentine n’a pas encore gagné de match, et la Pulga n’a pas encore marqué de but. Le monde devra s’arrêter, si   ces deux choses ne se produisaient pas ». Il avait l’air tellement sûr de lui, qu’on pouvait croire que Juan Pablo Barroso avait lu dans la boule de cristal. « Nous sommes nombreux dans cette situation, venus aujourd’hui seulement pour les mêmes causes ». Il n’a fallu attendre que huit minutes de jeu, pour que notre devin fasse la moitié du trajet magique qu’il nous a décrit des heures avant la rencontre. Impossible d’arrêter un attaquant gaucher et lancé sur la droite comme une flèche. Sa frappe lourde  et croisée du pied droit n’a rien à voir de normal. Le filet nigérian a accueilli l’offrande de « Dieu » des Argentins de l’instant. Messi vient de ramener à la vie de nombreux adeptes de sa réligion. « Il vient de rembourser la moitié de mon billet d’avion », nous a lancé un autre à la mi-temps.

Les quelques 1000 Nigérians présents au stade, noyés dans la marmaille des maillots albicelestes et quelques 200 millions de leurs compatriotes dans le monde ont cru à la qualification, le temps d’une demi-heure. Quelques minutes après la reprise, Victor Moses marquait d’un sang-froid, le  penalty que seul le central de la partie, le Turque Cuneyt Cakir a trouvé indiscutable.  Les quinze dernières minutes de la rencontre ont paru interminables pour le Nigéria et ses fans. C’est Marcos Rojo,  défenseur central sur une reprise de volley digne d’un attaquant de classe exceptionnelle, qui trouve le filet nigérian à la 88ème  minute,  sur une autre offrande de Cristian Pavon, entré quelques minutes auparavant. La deuxième partie du contrat miraculeux de Juan Pablo  est faite. L’Argentine était un des favoris que le monde du football attendait au deuxième tour, Elle y est ! La montagne était trop haute pour les joueurs du  Nigéria, qui devront  revoir leur  copie de l’entrée dans la cour des grands,  dans quatre ans. L’élimination sera pénible à accepter, mais l’adversaire était de trop gros calibre ce 26 juin 2018.

David Eyenguè, à Saint-Pétersbourg

 

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