La presse marocaine se découvre.

Communication. En marge du Chan Total Maroc 2018, les journalistes Camerounais ont eu l’occasion de visiter quelques rédactions et associations de journalistes Marocains.

Pour meubler les jours de repos des équipes entre deux tours, les journalistes Camerounais et d’autres nationalités ont reçu des invitations collectives pour toucher du doigt la réalité des médias au Royaume Chérifien. Le premier arrêt est au centre de Casablanca, au 14ème étage d’un immeuble non loin de la médina. Plus de quatre journalistes sont invités sur le plateau pour accompagner deux autres présentateurs. Nous sommes à Radio Mars qui émet sur 91.2 en fréquence modulable. « Vous êtes libres de nous dire comment vous avez été accueillis ici au Maroc depuis votre arrivée », nous dit un des présentateurs en direct, étonnant par cette question tous les confrères d’Afrique noire présents en studio. « Oui, nous sommes libres de dire ce que nous pensons, vous aussi. Le Maroc est certes un Royaume, mais il est un pays démocrate où la liberté d’expression est fondamentalement respectée », va nous dire un autre journaliste.

Radio Mars est la 1ère radio de sports au Maroc qui est née il y a neuf ans. Francis Marion est le directeur technique et d’exploitation : « Nous avons 37 employés CDI (Contrat à Durée Indéterminée) et  24 correspondants à travers le Maroc. Que ce soit les consultants ou les animateurs, ils donnent leurs tendances. Si un animateur est fan du WAC ou du Raja, il est libre de le dire à l’antenne. On parle de tout, et tout le monde a la même place ». Radio Mars est une idée d’un ancien footballeur du Wydad Athlétic Club et ancien journaliste de la télévision 2M,  Hicham El Klilifi. Une radio qui a son mot à dire dans le développement des disciplines sportives, avec 80% de football sur ses antennes.

Liberté d’association.

La politique Royale marocaine prône l’ouverture au monde, et surtout à l’Afrique pour une coopération sud-sud. Une politique qui est bien comprise par nos confrères qui sont libres de s’exprimer aussi bien en interne au Maroc, qu’à l’extérieur. Dans le domaine du journalisme sportif, quatre associations des hommes de sports existent au Maroc et fonctionnent de manière autonome. L’Association Marocaine de la Presse Sportive (AMPS), l’Association Marocaine des Journalistes Sportifs (AMJS), l’Union des Journalistes Sportifs Marocains (UJSM) et la Marocaine des Journalistes Sportifs (MJS). Toutes ces associations sont reconnues par les différentes fédérations nationales. Adil Rahmouni est le secrétaire général de l’UJSM : « Il n’y a pas de différence ou de discrimination dans la considération des associations des journalistes sportifs. A titre d’exemple, pour aller au Gabon en CAN 2017, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) avait pris en charge 24 journalistes. Soit quatre dans chaque association à qui on avait remis par journaliste 20.000 dirhams, soit l’équivalent de 2 millions de cfa. Nous pensons que si toute la presse sportive africaine est aussi bien logée, le sport du continent va prendre son envol ». Cette incrustation au sein de la presse marocaine a dissipé le préjugé qu’avait chaque journaliste étranger sur une éventuelle liberté dans le royaume.

David Eyengue à Casablanca