Carnet de route du reporter

CHAN Total 2018. Pour répondre aux attentes de nos lecteurs habitués au vécu de nos reporters lors des compétitions d’envergures, nos équipes soufflent souvent le chaud et le froid. L’épisode 1 de ce 5ème rendez-vous était particulier.

S’il y a une activité qui prospère au Cameroun ces derniers jours, c’est celle des agences de voyage pour transports aériens. Les aéroports du Cameroun accueillent des voyageurs de toutes les directions, même si les avions eux, vont presqu’aux destinations déjà connues. Dans ce déséquilibre entre l’offre et la demande, la formule magique est la ou les correspondances. Pour son voyage en direction du Maroc, les deux départs du Cameroun de la compagnie Royal Air Maroc de Douala et Yaoundé sont déjà pleins pour toutes la semaine, jusqu’à dimanche 14 janvier. Ces magiciens des agences m’ont trouvé une dernière correspondance le mercredi à 9h15 de Douala pour Casablanca en passant par Abidjan. Un peu de tourisme ne ferait pas de mal au premier venu, sauf qu’après les 2h05 de vol pour rallier la capitale ivoirienne, il faut attendre 1h45 du mercredi pour avoir le dernier ticket de RAM pour le tronçon Abidjan – Casablanca. Pas moins de 15 heures d’attente dans le hall de l’aéroport d’Abidjan. Pas de choix, si on ne veut pas rater le début de la compétition. Mais le calvaire commence à la maison.

Le service phyto-sanitaire de l’aéroport me demande gentiment ce que je porte dans mes bagages comme denrées alimentaires. « Des bâtons de manioc et des mets de pistache », leur dis-je avec la naïveté équivalente à leur gentillesse. « Vous allez payer 6000 fcfa ». Quand je leur conseille de devenir les nouveaux propriétaires de ces denrées au lieu de payer une taxe plus chère que la denrée, ils ramènent à 3000Fcfa, puis à 1500, puis à : « Comment vous êtes durs comme ça ? Vous allez même où ? Quelle est votre profession » ? Les réponses successives à leurs questions s’arrêtent là. « Remets-lui son passeport pardon ».

La galère se poursuit à l’atterrissage à Abidjan. « Monsieur où allez-vous passer 15 heures de temps, dans le hall de l’aéroport ? Votre passeport est camerounais, vous avez besoin d’un visa pour sortir », me lance la policière. « Voici une (pointant sa collègue), qui cherchait même un mari camerounais. 15 heures de face à face risquent d’être suffisantes ». Cette blague de mauvais goût est suivie du geste de l’index droit qui me montre la porte du hall. Pas même le temps de voir le temps passé, mon survêtement des Lions attire les ivoiriens qui parlent tous de football. Le sujet passionne : « Le président Sidy Diallo doit partir » ! Aucun ivoirien n’a pardonné au président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) qui serait selon eux, le principal responsable de l’élimination des éléphants pour la Coupe du Monde Russie 2018. Les présidents des clubs de toutes les divisions ont demandé une assemblée extraordinaire de la FIF avec pour seul ordre du jour, la destitution de Sidy Diallo. La longue discussion est interrompue par un appel à l’enregistrement pour le départ pour Casablanca.

C’est là que l’on peut voir la différence entre une grande compagnie et notre Camair-Co qui se trouve minuscule devant RAM. Les passagers (presque tous) ont au moins deux bagages de cabine de 20 kgs chacun. Ils sont priés de se faire aider par les hommes en tenues, pour les identifier gratuitement à l’entrée de l’avion et de les envoyer en soute, car « le vol AT 73 du Boieng 737-800 est plein de passagers. On doit alléger la cabine ». Ils s’exécutent, et ne prennent pas une minute de plus au décollage. C’est l’annonce des  11 degrés  à l’atterrissage à Casablanca qui me réveillent. Un coup d’œil sur l’appareil montre que RAM fête ses 60 ans, et l’avion qui nous a emmenés est le 50ème acheté par la compagnie à Boieng.  Heureusement que j’entre directement à l’école libérienne, celle de mon chauffeur qui m’accompagne faire le change et me garnir des informations importantes pour le reste de la compétition. Martin se donne la lourde tâche d’aller faire des tours à l’aéroport pour ramener en ville tous les journalistes camerounais qui arrivent en ce jeudi. Il est relayé par Mustaph, l’autre chauffeur taxi de 17 ans d’expérience qui doit nous trainer deux heures pour trouver enfin un hôtel à la taille de nos moyens. Malgré la grosse volonté d’aller voir les Lions A’ à deux heures de route à Rabat dans leur entraînement du soir, la fatigue a pris le dessus. Pour ce premier épisode de notre film dans cette 5ème édition du Chan Total 2018, nous avons soufflé le chaud et le froid.

David Eyengue, à Casblanca

 

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