A la fédération de cyclisme, on se partage l’argent des subventions.

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Honoré Yossi. Le président de la fédération camerounaise de cyclisme a accusé la presse locale de ne pas accompagner son institution qui  s’est tournée vers la presse étrangère.

Face à la presse sportive du Littoral vendredi 27 août 2017, le président de la fédération camerounaise de cyclisme avait une occasion de parler de long en large de la 17ème édition du Grand Prix Cycliste Chantal Biya (GPCB) qui aura lieu au mois d’octobre prochain. S’il a reconnu que  même rendue à la 17ème édition, la compétition avait du mal à se vendre, Yossi a vite trouvé la cause : « Je suis allé voir votre patron (montrant un journaliste de la CRTV) et le vôtre (doigtant un autre de Canal 2 International) pour qu’ils viennent filmer nos courses et nous accompagner, ils m’ont demandé de payer. Quand certains journalistes viennent faire la couverture de nos compétitions, ils me disent au revoir 12 fois. TV5 vient pourtant gratuitement, travaille, diffuse et ne demande qu’à être logé et nourrit pendant leur séjour. Ils seront encore là cette année. » Des déclarations à la limite du scandale devant une presse qui n’a aucune considération de la fédération. Quand les journalistes ont essayé de prouver que les grosses productions télé nécessitent de gros efforts financiers qui devaient être accompagnés par la fédération, Honoré Yossi a dit que plusieurs améliorations ont été faites depuis  le 14 novembre 2014, date de son arrivée à la tête de la petite reine camerounaise. « Il n’y a pas d’argent à la fédération pour emmener la presse à nous accompagner, car l’argent des subventions est partagé entre les membres du bureau exécutif. C’est ce que j’ai trouvé, et je me bats pour le changer. Avant moi,  la fédération n’existait que dans une mallette, aujourd’hui, grâce à mes efforts, nous avons un siège. » S’il ne veut pas reconnaitre que c’est avec son management que le cyclisme camerounais est entré dans une nouvelle ère où les cyclistes portent plainte au président de la fédération pour détournement de primes, Honoré Yossi a encore accusé la presse de manipuler l’opinion sur les vérités de la mort de Yannick Lontsi qui a disloqué l’équipe de SNH vélo club qui était l’arbre qui cachait la forêt. Si à la fédération on se bombe le torse d’avoir organisé un championnat national avec 50 cyclistes, on veut aussi mettre à son actif la participation au tour d’Ethiopie d’une équipe de cinq cyclistes très peu connus représentants l’équipe nationale du Cameroun. Une participation à un tour en altitude qui n’aidera en rien lesdits cyclistes pour le prochain GPCB. Après la 2ème étape courue mardi, Ghislain Sikandji, le leader de notre équipe avait déjà abandonné, alors que Michel Tientcheu, 1er camerounais pointait déjà à 27 minutes du maillot jaune, à la 47ème place. Le cyclisme camerounais mérite un regard profond de nos autorités, si on ne veut pas le voir mourir à petit feu.

David Eyengue