Arnaud Djoum a le sport dans ses gênes !

Témoignage. Kom Kamneng Lucienne, n’est pas que  la maman d’Arnaud Djoum ; cette ancienne handballeuse du Yaoundé University Club a accompagné ses  fils Arnaud et Boris Djoum au football chaque jour,  depuis  l’âge de six ans.

Arrivée au Cameroun pour préparer le voyage  de toute  sa famille pour aller supporter les Lions indomptables à la coupe des confédérations en Russie, cette dame d’une cinquantaine nous a ouvert quelques pages de la vie footballistique d’Arnaud Djoum. Un milieu de terrain issu d’une famille de sportifs. « Je suis Kom Kamneng Lucienne, je suis né à Bafoussam, j’ai grandi là-bas, et je ne suis arrivée à Yaoundé que lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat. Après les championnats OSSUC (Office des Sports Scolaires et Universitaires du Cameroun, ndlr), j’ai été à plusieurs Jeux universitaires avec le YUC (Yaoundé Université club). Je me cachais pour jouer au handball, grâce à mes grands frères  Henri Kamneng qui a joué au football de haut niveau dans le Diamant de Yaoundé et Jean Samuel Kamneng, aujourd’hui enseignant d’éducation physique à la retraite. Si cette fille d’instituteur devait absolument donner de très bons résultats scolaires, ce qu’elle a fait (licence en sciences économiques à Yaoundé, puis licence en cadre de santé  à Bruxelles),  elle a vite donné le OK pour que ses fils jouent au football. Cette cadre de santé d’un hôpital universitaire de Bruxelles doit moduler son emploi de temps avec la passion de ses gosses. « Boris Djoum est aussi footballeur. Ils ont tous les deux fait leurs classes au Bruxells, un club de D1 de Bruxelles en Belgique.  Et depuis qu’Arnaud a six ans, je les ai accompagnés chaque jour au sport. Arnaud a eu la chance d’intégrer l’équipe professionnelle plus jeune à 16 ans. » Lors d’un de ses matches avec  les catégories jeunes des équipes nationales de Belgique (il a joué avec les U 15,  U17 et les U19), Arnaud Djoum est repéré par un journaliste camerounais en Hollande qui lui parle d’une éventuelle sélection avec le  Cameroun son pays : « Quand ce monsieur nous a contactés pour en parler, c’était en 2010. Nous avons rapidement montré notre volonté de le voir jouer pour le Cameroun, plutôt que pour un autre pays. Parce que tout le temps, nous leur avons inculqué des notions de patriotisme, malgré le milieu dans lequel ils ont toujours évolué. Il n’y a pas à réfléchir lorsqu’on est sollicité par son pays. »

La science du milieu
                           La science du milieu du terrain des Lions Indomptables

Après le bref contact téléphonique de ce journaliste camerounais  fouineur et guidé par la fibre patriotique, (contact qu’elle ne retrouve plus d’ailleurs), Lucienne Kom est informée six ans plus tard d’un appel chez les Lions par Arnaud Djoum lui-même : « Il m’a appelé un soir pour me dire écoute maman, le sélectionneur vient de prendre contact avec moi. Je lui ai demandé si c’était vrai ! Puis j’ai raccroché le téléphone, je l’ai éteint pour le rappeler dès le lendemain quand  il m’a confirmé. Une grande émotion. »

Le milieu de hearts  of Midlothian FC en Ecosse est depuis sa première sélection à Limbé en fin d’année 2016,  dans les petits plans du sélectionneur Hugo Broos, qui le garde sur le banc jusqu’au quart de finale de la CAN Gabon 2017. Mais Lucienne Kom Kamneng n’est pas surprise de cette autre annonce par sms de son fils, à 45 minutes du match des quarts de finale contre le Sénégal : « maman, je crois que je vais commencer le match. » La première conseillère du joueur qui connait bien le milieu professionnel de sport a confiance à son fils même s’il y a quelques moments de peur : « Même si c’était un peu stressant, je savais qu’il sera à la hauteur. Tout le Cameroun devait le regarder, et j’ai su que ce sera le moment de montrer ses qualités. Il y a toutefois la peur de passer à côté, pour moi qui connait mon peuple. » Elle avait raison de croire. Un titre de champion d’Afrique est conquis après trois matches pleins de Djoum Arnaud : «  Quand j’ai eu Arnaud au téléphone, J’ai éteint toutes les lumières, j’ai arrêté mon gsm, je suis allée au lit. L’émotion était trop.  On a peur d’avoir une crise cardiaque  dans ces cas là. Même si toute la nuit, je n’ai pas dormi. Arnaud nous a rendus fiers. Toute la famille, tout le Cameroun ! »

Notre reporter et la maman du joueur
                                Notre reporter et la maman du joueur

En Russie,  le garçon sera encore sous les projecteurs avec le  dossard 17 des Lions Indomptables lors d’une coupe des confédérations. Un dossard qui va rappeler Marc Vivien Foé, une pression qu’elle sait que le joueur pourra gérer : « Parce que je connais mon fils, je sais qu’il va assurer.  Il a aujourd’hui les épaules suffisamment larges pour porter dignement ce maillot N° 17. Je sais qu’il donnera plus que le maximum de ce qu’on lui demandera. Il y aura de la pression parce qu’au football rien n’est acquis. Il ne faut rien lâcher. Il n’y a plus de peur à ce niveau, mais il y a de la pression, et il est prêt à la gérer. C’est de la pression positive. » La maman du milieu de terrain sera la capitaine d’une équipe de supporters qui partiront des quatre coins du globe terrestre pour soutenir les Lions Indomptables en Russie. Une mobilisation à la taille de ses croyances en cette équipe : « Je crois à 100% que nous y allons pour gagner. Je suis venue chercher les membres de la famille du Cameroun, et nous allons aller en bande pour supporter notre équipe. Ceux de l’autre côté de l’Atlantique nous rejoindrons là-bas. Ces Lions nous ont montré de gros potentiels, et je suis sûre qu’ils sont capables de très bonnes choses. » Lucienne Kom Kamneng et son groupe d’inconditionnels constitueront le noyau du douzième joueur camerounais à la coupe des confédérations Russie 2017.

David Eyengue

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